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Un point sur les cakra…

C’est à la suite de la lecture de Psychologie du Yoga de la Kundalinî de C. G. Jung et des remarques de quelques amis que m’est venue l’idée de faire un point sur les cakra…

Drapeau indien

Tout d’abord que signifie « cakra » ? Il s’agit d’un terme sanskrit traduit généralement par « roue » ou « disque ». Le symbole  de la roue est très significatif en Inde, il renvoie notamment au cycle des réincarnations et à la conception d’un temps cyclique (et non pas linéaire comme en occident). La roue est également présente sur le drapeau indien.

Les cakra sont des centres spirituels ou centres d’énergies répartis le long de la colonne vertébrale. Ils sont au nombre de 7.

Localisation des cakra

Représentation du mûlâdhâra

Le premier d’entre eux, de bas en haut,  est le mûlâdhâra que Huet traduit par le « support du fondement ». En effet, ce cakra représente la terre, il est situé au niveau du périnée. C’est là qu’est lovée la kundalinî shakti sous sa forme de serpent, et c’est à partir de ce point qu’elle s’éveille pour atteindre tous les cakra supérieurs les uns après les autres. L’éléphant, image de force et de fermeté, tout comme la terre, est l’animal symbolique de ce cakra.

Représentation du svâdhishthâna

Le second cakra, situé au niveau du pubis, est le svâdhishtâna, littéralement le « siège du soi », mais également source de l’erreur et du désir. Il représente l’eau et son animal symbolique est un monstre marin.

Représentation du manipûra

Le troisième cakra est le manipûra au  niveau du nombril, centre des émotions et des passions, il représente le feu. Manipûra signifie « abondance de joyaux » et correspond au centre de la force vitale. Son animal est le bélier, utilisé comme véhicule par Agni, le dieu du feu en Inde.

Représentation de l'anâhata

L’anâhata est le quatrième cakra et se situe au niveau du coeur et des poumons. Il correspond à l’air. Littéralement, anâhata signifie « non frappé », il s’agit du son primordial, subtil qui trouve sa source dans l’Origine des mondes. Lorsque la kundalinî atteint ce niveau, l’être humain devient conscient, il perçoit ce son primordial à l’intérieur de lui-même, l’âtman, son âme individuelle intrinsèquement liée au Brahman, le divin par excellence. L’antilope noire est l’animal associé à l’anâhata, elle symbolise la rapidité immatérielle de l’air sous la forme des vents.

Représentation du vishuddha

Le cinquième cakra est le vishuddha situé au niveau du larynx, siège de la parole. En Inde, la parole est sacrée et possède des vertus créatrices : elle déploie le cosmos via la vibration sonore. Elle est souvent représentée sous les traits de la déesse Vac. Vishuddha signifie « parfaitement purifié ou achevé », il représente l’éther et est associé à l’éléphant blanc. Comme nous l’avons vu plus haut, l’éléphant est aussi associé au premier cakra, le mulâdhara. Le blanc est symbole de pureté, de paix et de connaissance en Inde. Le dieu éléphant, Ganesh,  est ainsi associé aux deux extrémités de la conscience manifestée : d’abord au niveau du mulâdhara, le concret, la terre; puis au niveau du vishuddha, l’élément subtil, l’éther. Entre les deux, l’esprit a connu une transformation : le voile de l’illusion de la création terrestre se déchire au profit d’une prise de conscience des choses éternelles.

Représentation de l'âjña

L’âjña, le sixième cakra, est situé entre les deux yeux. Âjña signifie « connaissance », c’est là que siège l’Esprit, le centre de commande, le guide. Il est le plus haut des centres corporels. A l’heure de la mort, le souffle de vie situé dans l’âjña est dissolu dans le nirvâna, la divinité, le non-temps, dans les cakras situés au dessus du corps.

Localisation du sahasrâra

Le sahasrâra est le dernier cakra. Il est situé en dehors du corps, au-dessus de la tête, au niveau de la fontanelle. Sahasrâra signifie « cercle au 1000 rayons », il est représenté par un lotus au 1000 pétales. Il est le vide suprême, l’illimité, l’infini et s’il est appelé cakra, « centre », c’est plus pour une question d’uniformité de langage. La sahasrâra n’a rien d’un centre, il est l’aspect transcendant, en opposition au six autres cakra liés à l’ immanent, à la matière. Lorsque la kundalinî atteint ce point, l’homme qui a réussi à contrôler son esprit est libéré du cycle des réincarnations. Plus rien ne le lie au monde terrestre.

C.G. Jung ne s’attarde pas sur ce dernier cakra, hors du corps humain, il ne peut pas être rapporté directement à un état psychologique.

Cette description pourrait être beaucoup plus développée. Chaque représentation de cakra est chargée de sens. Chaque élément est un symbole particulier : le nombre de pétales du lotus, le triangle, symbole de la déesse, le linga en forme de phallus, symbole de Shiva, les couleurs sont également chargées de sens, les lettres représentent des sons…la parole étant créatrice, chaque son renvoie à  un élément de la création. En cliquant sur les images précédentes, certains de ces détails seront précisés.

Mais une encyclopédie ne suffirait sans doute pas pour exprimer toute la subtilité de la symbolique indienne…

Le rêve de Confucius – Jean Lévi

J’ai découvert ce livre par hasard dans une librairie à côté de chez moi.

Ce roman retrace une partie de l’histoire de l’Empire chinois au IIIème s. avant J.C. à l’époque de la chute des Ts’in et de l’avènement de la dynastie des Han. Au rythme des combats et des trahisons, Jean Lévi, sinologue et spécialiste du taoïsme, reprend chaque étape à la lumière d’un hexagramme du Yi King….Et voilà le fil qui m’a conduit jusque là…Le Yi King est un ouvrage divinatoire taoïste datant du Ier millénaire avant notre ère. Un article entier devra lui être consacré…Le genre de livre qui peut marquer une existence…

Les 64 hexagrammes du Yi King

Pour en revenir au Rêve de Confucius, j’avoue avoir été assez déçue. Chaque chapitre correspond à un hexagramme et l’histoire qui suit reflète les prédictions de l’hexagramme. J’adore le principe…Mais je pense qu’il faut avoir quelques notions préalables de l’histoire de Chine pour apprécier le récit à sa juste valeur. Je me suis un peu perdue dans les récits guerriers et la stratégie militaire…

Psychologie du Yoga de la Kundalinî – C. G. Jung

Mon premier article.
Plutôt que de commencer par le commencement, j’ai choisi de prendre le fil là où il en est aujourd’hui, quitte à revenir en arrière par la suite. Qui a dit que l’on devait toujours prendre des routes à sens unique ?

J’ai trouvé ce livre à la Médiathèque Ceccano d’Avignon que j’ai découverte récemment. J’ai voulu savoir ce qu’elle avait dans le ventre… J’ai tapé quelques mots-clés, des noms d’auteurs que j’affectionnais particulièrement…Et me voilà avec cet ouvrage de C. G. Jung qui n’a rien d’anodin à mes yeux : il combine mon grand intérêt pour la culture indienne et ma curiosité naissante pour la psychologie. Quant à la Kundalinî, elle est étroitement associée aux rites tantriques dédiés à la Grande Déesse indienne que l’on nomme parfois Shakti. Vous perdez le fil ? Je le raccorde…Shakti était mon sujet de mémoire à l’époque où j’étudiais l’histoire des religions…J’aurais sans aucun doute l’occasion d’y revenir.

C. G. Jung ne fait pas d’allusion à Shakti dans ce recueil de conférences. Il aborde plutôt la notion de cakra qu’il compare à la psychologie occidentale. C’est là que ça se corse, pour moi en tout cas. Je ne maitrise ni les chakra ni les concepts de psychologie mais l’idée m’intrigue et je veux en savoir plus. Rédiger ce billet m’aide à comprendre et à me poser les bonnes questions.

La kundalinî est perçue comme un serpent lové à la base de la colonne vertébrale, au niveau du premier chakra, le mûlâdhâra. Au fur et à mesure de l’élévation de l’esprit lors de la méditation, la kundalini s’éveille et s’élève vers le chakra supérieur. D’abord le svâdishthâna, puis le manipûra, l’anâhata, le vishuddha, l’âjñâ entre les deux yeux et le sahasrâna au sommet du crâne. Chaque étape de cette élévation correspond à un état psychique.

Je ne prétends pas comprendre tous les concepts de C. G. Jung, je n’en saisi à peine les idées générales, mais chaque lecture me permet de m’approprier un peu plus ses idées.