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Le meilleur des mondes – Aldous Huxley

Il devait être écrit quelque part que cet été serait placé sous le signe de la science-fiction. Après La nuit des temps de René Barjavel, je n’ai pas su résister à la phrase tentatrice de mon amie Rita « Et Le meilleur des mondes tu l’as lu ? Si c’est pas le cas tu devrais, il est là sur mon étagère… ». Je n’ai pas eu le cœur de lui laisser prendre la poussière d’avantage.

Voilà un de ses livres qui m’aurait bien fait manquer mon arrêt de tram pour me rendre au travail – critère infaillible pour évaluer mon degré d’immersion dans un bouquin. Dès les premières pages, je m’exclamais presque à voix haute devant les descriptions de l’implacable usine à fabriquer des humains « stables ».

Publié en 1932, ce roman se présente comme une critique du fordisme, du communisme, et peut-être aussi comme une apologie du christianisme. Il décrit ce meilleur des mondes dans lequel l’homme serait débarrassé de toutes ses angoisses, jouissant d’un bonheur immédiatement omniprésent, où chacun est conditionné à vivre heureusement pour les autres. L’absurde atteint son paroxysme pour mieux trouver sa réponse dans l’art et la littérature. Shakespeare y est mis à l’honneur dans sa dimension la plus tragique et Voltaire n’est pas non plus en reste. Aldous Huxley a le génie de nous faire aimer nos angoisses, savourer nos absurdités comme des marques de notre humanité ô combien précieuse.

Suis-je la seule à puiser tant d’énergie dans ce livre ? L’avez-vous lu ? Comment l’avez-vous vécu ?


Le meilleur des mondes – Aldous Huxley, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Jules Castier
Pocket, 2011, 319 p.
Première publication : 1932


Challenge concerné
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Mes petites emplettes littéraires… #8

Ce mois-ci, mes « emplettes » en bibliothèque
ont été repérées sur vos blogs, mais je ne sais plus lesquels, vous reconnaîtrez-vous ?

  

A la librairie Vivement dimanche, on troquait des livres…

 

J’en ai tout de même acheté un !

A mon amie Rita, j’ai emprunté un classique…

Et ce n’est pas fini, pour l’été je compte bien me faire plaisir avec quelques livres repérés ici ou là : Mademoiselle S. : lettre d’amour 1928-1930, correspondance anonyme, Venus Erotica d’Anaïs Nin et Sur la plage de Chesil d’Ian McEwan. Aurai-je craqué d’ici fin juillet ?

Les belles endormies – Yasunari Kawabata

Mon amie Rita me prête ce livre que nous avion acheté ensemble il y a déjà plusieurs mois au Salon de l’Asie. Elle le qualifie d’ « étrange » et refuse de m’en dire plus. Il faut dire que la quatrième de couverture mentionnant la « quête des vieillards en mal de plaisirs » ne me fait pas rêver. Mon amie aurait-elle des tendances érotico-gérontophile ? Et mon libraire préféré de surenchérir – à propos de Kawabata et non de la gérontophilie – que l’auteur est un incontournable de la littérature japonaise et que Les belles endormies est un très beau roman – mais pas aussi beau que Pays de neige du même auteur etc… mon libraire, quand il commence, on ne l’arrête plus.

Un peu perplexe quant à cet engouement collectif pour la sexualité des anciens, j’ouvre ce livre en cinq actes et me plonge dans l’écriture de Kawabata. Car Kawabata a du style, c’est indéniable. Ses longues phrases souples et travaillées m’entraînent sur les pas du vieil Eguchi, dans l’antre des Belles Endormies. Et je me surprends à le suivre volontiers dans cette masure exposée aux vents et au bruit des vagues, dans cette délicate aventure entre sensualité et souvenir de jeunesse. Tour à tour, il rencontre six jeunes filles dans la chambre aux rideaux cramoisis, toutes particulières et chacune différente dans son sommeil. Je ne peux vous en dire beaucoup plus au risque de briser cette étrangeté propre au récit – et peut-être à son auteur…

« Quand la main du vieil Eguchi se retira de dessous la nuque de la fille, elle tourna doucement le visage, les épaules suivirent le mouvement et elle s’étendit sur le dos. Eguchi crut qu’elle allait s’éveiller, et il s’en tint écarté. Le nez et les lèvres de la fille, dirigés vers le haut, baignés dans la lumière du plafond, avaient l’éclat de la jeunesse. Elle souleva la main gauche et la porta à la bouche. Il semblait qu’elle allait sucer son index, à croire que c’était une habitude qu’elle avait en dormant, mais elle ne fit que l’appuyer légèrement sur ses lèvres. »

Les Belles Endormies est le premier roman que je lis de Yasunari Kawabata et je suis maintenant très curieuse de découvrir les autres, à commencer par La beauté, tôt vouée à se défaire que j’avais rapporté de ce même Salon de l’Asie où Rita m’accompagnait, et Pays de neige envoûtée que je suis par mon libraire…


Les belles endormies – Yasunari Kawabata, traduit du japonais par René Sieffert
Le Livre de poche, 1982
Première publication : 1966
Première traduction en français : Albin Michel, 1970


Challenge concerné

Mes petites emplettes littéraires… #5

En ce mois de mars, j’ai peu fréquenté les bibliothèques, bien trop vexée le mois passé d’avoir à rendre des exemplaires sans les avoir lu pour cause d’expiration de la durée de prêt – micro-drame de lectrice ! Je me suis rattrapée en librairie – micro-drame de fauchée – et grâce aux copines aussi !

A Rita, j’ai emprunté…

Vanessa, j’ai dévalisé… – un grand merci !

Dans les étagères familiales, j’ai retrouvé…

A L’Esprit Livre, j’ai fêté…

les rencontres du Festival du livre de Bron, Le Printemps des poètes, mon prochain départ en Colombie…et ma découverte d’un bon film tiré d’un bon livre je l’espère !

Au café L’Antre Autre,

les poétesses Joséphine Bacon et Laure Morali m’ont enchantée !

A Bruxelles,

j’ai visité le Musée Magritte et la librairie Tropismes

A la librairie Ouvrir l’oeil…

nous avons parlé le portugais du Minas Gerais avec Luiz Ruffato – moi, j’ai surtout écouté !

Et comme si tout cela ne suffisait pas, à l’heure où vous lirez ces lignes, Quais du polar 2015 aura ouvert ses portes ! Romans noirs en perspectives pour ma prochaine session d’emplettes littéraires 😉