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Egon Schiele : vivre ou mourir – Xavier Coste

9782203047785_1_75S’il n’était le challenge Variétés organisé parallèlement sur Babelio et chez Le chat de bibliothèque, je n’aurais probablement jamais ouvert cette bande dessinée de Xavier Coste afin de remplir la ligne « Un livre dont le titre contient des antonymes ». Vivre ou mourir, l’opposition ne pouvait difficilement être plus gracieuse !

Comme le titre l’indique, ce roman graphique est une biographie de la vie d’Egon Schiele, reconstituée à partir d’éléments réels et fantasmés. Nombre de documents n’ayant pas été rendus public, il est difficile aujourd’hui d’établir précisément ce que fut l’existence de cet artiste sulfureux au caractère semble-t-il impétueux, génie mort prématurément de la grippe espagnole à l’âge de 28 ans. Dieu seul sait ce qu’il n’a pas légué à la postérité. Xavier Coste s’exerce toutefois avec brio au rôle de biographe en m’ouvrant les portes des premières décennies de ce XXème siècle et du petit monde de la peinture autrichienne, naviguant entre Gustav Klimt, la pornographie – voire la pédophilie (!) -, et les affres de la première guerre mondiale.

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Pour tout vous dire, je tournais autour de cet étrange personnage depuis de longs mois déjà, intriguée par ses tableaux de nus cadavériques et éhontés, par ailleurs étrangement sensuels et réalistes. J’ignorais – bien que ces œuvres le laissaient soupçonner – qu’Egon Schiele fut à ce point torturé. A nouveau, je me sens étrangement attirée par cette ambiance si particulière du premier quart du siècle dernier façonné par de fortes personnalités tels Franz Kafka, Rainer Maria Rilke, Marina Tsetaeva, Sigmund Freud, ou encore Carl Gustav Jung… J’en parlais par ailleurs à propos du livre 1913 : chronique d’un monde disparu de Florian Illiès que je vous recommande sincèrement et qui faisait partie de mes coups de cœur 2014. Incontestablement, je ne suis pas prête de refermer la porte entrouverte par Xavier Coste. Déjà, je lorgne Maîtres anciens de Thomas Bernhard qui trône dans mes étagères depuis près de deux ans…

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Egon Schiele : vivre ou mourir – scenario, dessins et couleurs : Xavier Coste
Casterman, 2012, 66 p.


Challenge concerné

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Toutes les couleurs du monde – Giovanni Montanaro

002896553Ce livre m’a plu les trois premiers quarts, et puis tout s’écroule dans la dernière partie. Il se présente sous la forme d’une lettre à Van Gogh, incluant des extraits des lettres du peintre à son frère Théo. L’auteur de la lettre raconte sa propre histoire : un soir de tempête, Thérèse Sansonge, la narratrice, naît dans la rue d’une femme déjà âgée, qui meurt en couche. Une naissance pour le moins miraculeuse, qui frise avec le fantastique. La jeune Thérèse sera rapidement confiée à une famille du village de Geel, en Belgique. On la considère comme folle, non pas parce qu’elle l’est mais parce que ce statut permet à ses nouveaux parents d’obtenir une aide financière pour la prendre en charge. Puis elle commence à avoir des prémonitions, épargnant ainsi à de nombreux mineurs de mourir sur leur lieu de travail en les prévenant d’une explosion souterraine imminente. Le décor est planté… Enfin me semblait-il.

Intervient enfin le fameux Van Gogh, en couverture du livre. Par une nuit d’errance, il débarque dans le village de Geel où il rencontre Thérèse, se noue alors une histoire platonique entre les deux personnages que l’on voudrait fous. On ne retrouvera plus mention des pouvoirs surnaturels de notre protagoniste…

Tout s’écroule avec le départ de Van Gogh. Je ne peux pas vous en dire plus sans trop dévoiler l’histoire. De l’ambiance mystérieuse d’un village de fous dans la Belgique du XIXème siècle, on voit naître une étrange histoire d’amour ou d’amitié, puis finalement le livre devient un exposé obscène des hôpitaux psychiatriques parisiens… Qu’a donc voulu dire l’auteur ? Plusieurs amorces sont intéressantes et malheureusement aucune n’est véritablement aboutie.

Une grosse déception pour un roman qui s’annonçait prometteur…

Ce titre est chroniqué dans le cadre du Challenge XIXème de Fanny, du Challenge il viaggio d’Eimelle et du Challenge Petit BAC 2015 d’Enna dans la catégorie « couleur ».

Challenges concernés