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Flash ou le grand voyage – Charles Duchaussois – Fin

Je termine Flash sur les délires paranoïaques du narrateur. Saisissant de réalisme et pour cause… Symptômes caractéristiques du toxicomane qui sombre dans la folie. Il suit une cure de désintoxication à l’hôpital Fernand-Widal, niché entre la gare du Nord et la gare de l’Est, dans le Xème arrondissement parisien, et qui aujourd’hui encore possède un service en toxicomanie.

Hôpital Fernand-Widal

Pour quelques clichés supplémentaires de l’hôpital, je vous recommande le blog Paris Archis.

C’est étrange comme la simple allusion à cet hôpital devant lequel je suis passé, plusieurs fois par semaine, pendant des mois, me fait soudain prendre conscience de la réalité. Une de ces piqûres qui vous rappelle que les mots ne sont pas que de l’encre jetée sur le papier, que les images ne sont pas qu’une illusion derrière un écran. L’aventure humaine, la déchéance de Charles Duchaussois est une réalité pour nombre d’individus encore aujourd’hui. Tous ne sont pas passés par Katmandou et rares sont ceux qui reviendront de leur « grand voyage ».

Katmandou en 1985

Je note les détails qui aideront Charles à s’en sortir. Les amis indéfectibles, un cadeau de Noël qui réchauffe le coeur et redonne espoir. Rien n’est jamais perdu. Il faut savoir se battre d’abord pour soi mais aussi pour les autres.

Qu’est devenu Charles après son retour en France ? Wikipédia nous apprend qu’après une désintoxication difficile, il s’est marié…3 fois ! A eu 2 enfants aussi…

Pour ceux qui voudrait en savoir plus sur cet homme, je vous recommande ce site qui lui est entièrement consacré.

Charles Duchaussois

Charles Duchaussois meurt le 27 février 1991 d’un cancer du poumon.

Himalaya - Everest

Flash ou le grand voyage – Charles Duchaussois

Flash ou le grand voyage – Charles Duchaussois

Un livre conseillé par une amie. La quatrième de couverture m’apprend que le narrateur nous emmènera notamment à Bénarès et à Katmandou. Mais pas seulement. Il ne m’en faut pas plus pour empocher le bouquin.

La préface me transporte directement dans le vif du sujet :

« Flash en anglais, cela veut dire : éclair

Pour un drogué, cela veut dire : spasme »

Le ton est donné.

En moins de quatre pages, l’enfance et l’adolescence sont tracées, les premiers actes de délinquance survolés. Tout commence à Busigny en juin 1940. Charles Duchaussois est âgé de seulement quelques mois. Les allemands bombardent la gare de triage proche et le nourrisson reçoit un éclat d’obus dans l’oeil. Il perd son oeil.

La gare de Busigny

A 20 ans, il décroche son premier emploi. Ses parents sont fiers de lui. Tout dérape lorsqu’on lui refuse son permis : l’inspecteur rempli la feuille rose et au dernier moment lorsqu’il constate l’oeil borgne du candidat, il la déchire. Charles n’accepte pas ce qu’il considère comme une discrimination. Il achète sa première voiture, un ID 19 et conduit sans permis.

Une ID 19

Il séjourne un temps rue des Frères Keller dans le XVème arrondissement parisien. En novembre 1962, on lui confisque sa voiture, il quitte Paris en stop pour le sud de la France.

Paris en 1962

Il vit un temps à Marseille et vivra de brigandage pendant huit ans, essentiellement dans le sud de la France.

Il part ensuite rejoindre un ami au Liban, d’abord Beyrouth, puis Baalbeck.

Beyrouth

A Baalbeck, il tombe amoureux, commence les trafics de drogue, repart pour Beyrouth, trompe sa belle, fuit à Istanbul. Jusqu’ici il n’a pas encore touché à la drogue.

Baalbeck