Archives du mot-clé L’Esprit Livre

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

en-attendant-bojanglesAttention pépite ! On me l’a conseillé, je l’ai offert, on me l’a re-conseillé, je me le suis offert, aussitôt lu, dégusté, dévoré, terminé, endeuillé… qu’il est difficile d’abandonner ce livre ! Je suis en panne de lecture depuis dix jours ! Je tergiverse, controverse, détourne, retourne, tente la poésie, les essais… Aucun roman ne pourrait donc être lu après « Bojangles » ?

Le premier opus d’Olivier Bourdeaut a déjà fait 20 fois le tour de la blogosphère et des médias en tout genre, le succès est mérité c’est indéniable ! En attendant Bojangles, c’est le regard croisé d’un enfant et d’un mari sur la folie de sa mère, de sa femme. A travers cette histoire de famille, une vision complètement déjantée et libertine de la vie est dépeinte à un rythme effréné. En attendant Bojangles n’a aucune patience, il dévore chaque seconde, il jouit de tout à l’extremum, il refuse la moindre miette de monotonie ou de normalité, il frise le soleil, sombre dans les abysses… et m’entraîne dans des montagnes russes émotionnelles comme jamais un roman ne l’avait fait jusqu’à maintenant. J’ai ri à haute voix, pleuré sincèrement, et vécu intensément chaque ligne du récit.

L’incipit est ici. Je ne vous en dis pas plus et recommande mille fois !


En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut
Finitude, 2015, 159 p.


Challenges concernés

Challenge Multi-Défis 2016 : un livre dont le narrateur est un enfant

logo-non2bchallenge2b2015-20162b-2bcopie

 

Mes petites emplettes… #19

Six lectures ont rythmé mon mois de mai. La cadence s’est un peu ralentie mais le bouquet n’est pas moins varié : deux ouvrages de psycho, un récit biographique, un recueil de poèmes, un roman tchèque, un autre italien… Cinq sur six m’ont interpellée, c’est ce que j’appelle un beau bilan ! Courant juin, je compte creuser encore les questions psychologiques et approfondir celle de la pleine conscience. Par ailleurs, le récit de Didier Eribon, Retour à Reims, qui venait compléter ma lecture d’En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis, m’invite sérieusement à la réflexion. Annie Ernaux et Simone de Beauvoir devraient me permettre de suivre cette piste en privilégiant des points de vues féminins sur le retour aux sources familiales.

Qu’en est-il maintenant de mes nouvelles acquisitions ?

En bibliothèque,
j’ai notamment suivi les conseils du cercle de lecteurs de ma bibliothèque de quartier

On m’a prêté, 
une petite merveille que je déguste par avance…

cvt_tu-es-une-riviere_3350

Sur les étals des bouquinistes, 
j’ai déniché un livre épuisé qui s’apparente à un hymne à la féminité, à moins qu’il ne s’agisse de nouvelles érotiques…

les-jambes-d-emilienne-ne-menent-rien-684738

Et surtout, surtout
le tome 2 des Sentiers des astres est enfin sorti en librairie ! 😀

55559

Mes petites emplettes…#18

Beau bilan pour ce mois d’avril puisque j’ai lu pas moins de dix livres ; cela ne m’était plus arrivé depuis plusieurs mois. Parmi eux, je me dois de vous citer les meilleurs : les Journaux 1959-1971 et les Correspondances avec León Ostrov d’Alejandra Pizarnik m’ont permis d’explorer plus avant la vie de cette poétesse argentine ; Trouée dans les nuages est une deuxième rencontre à nouveau réussie avec l’auteur chinoise Chi Li ; j’ai lu Les braises de Sándor Márai mais j’ai manqué le rendez-vous du 6 avril autour du challenge Lire le monde – cela dit ce roman est une pure merveille – ; exceptionnellement, je me suis tournée avec plaisir vers la littérature jeunesse avec un conte de Richard Bach, Jonathan Livingston, le goéland  – merci Cyve pour le conseil ; et j’ai clos le mois en beauté avec En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut.

Pour autant, je ne me suis pas retenue ce mois-ci et huit nouveaux livres sont venus remplir mes étagères !

En bibliothèque, pour commencer…


Quai du polar, mois belge et découverte de la librairie de mon nouveau quartier

m’ont fait craqué plutôt quatre fois qu’une !


Et j’ai reçu un cadeau, merci Tom !
😀

1540-1

Vallotton le soleil ni la mort – Colette Nys-Mazure

vallotton-629x1024In extremis j’apprends que Colette Nys-Mazure est belge. De quoi me saisir de ce petit ouvrage illustré avant la fin du mois d’avril. Il traîne derrière plusieurs rangées de livres depuis… la dernière rétrospective sur le peintre Vallotton à Paris soit pendant l’hiver 2013 – 2014 – exemple typique de l’achat compulsif.

La collection Ekphrasis des éditions Invenit est une petite merveille découverte chez mon libraire préféré. Elle rassemble en de courts volumes deux artistes : un peintre et un écrivain. Ici, Colette Nys-Mazure est invitée à écrire ce que lui inspire le tableau Le ballon de Félix Vallotton, peint en 1899. A partir de descriptions littéraires du tableau et des sentiments contradictoires qu’il évoque, l’auteur se remémore des souvenirs personnels et douloureux de son enfance, entre ombre et lumière, entre vie et mort, enfance et âge adulte. Elle accommode l’ensemble de quelques vers, et renvoie aux écrits littéraires du peintre, en particulier au roman La vie meurtrière. Elle part du Ballon et se permet des écarts vers tout ce qu’il lui inspire de manière a priori désordonnée mais fondamentalement cohérente. Elle se joue des genres, du commentaire à la description, de la poésie au récit romancé, de la biographie distante aux souvenirs d’enfance, et manie le style avec élégance.

Vallotton le soleil ni la mort est une très belle entrée en matière pour découvrir à la fois la peinture de Félix Vallotton et l’écriture de Colette Nys-Mazure.

Enfance fracassée

Un deux trois j’ai vu !, Cache-cache approche, Au mouchoir, Balle au chasseur, Mots de passe, Marelle entre enfer et paradis. Rondes entraînantes des petits, ravis par le jeu, au fort du plaisir. On s’amuse à se faire peur en évoquant fantômes et brigands pour mieux les exorciser. Intrépidité de l’enfance. Son audace fait fi des dangers. Son inconscience même la défend et s’avère souvent plus efficace que la prudence frileuse. Une autre sphère.

Pourquoi nous en éloigner à l’âge adulte ?

web_fvalloton_ballon_mdupre

Le ballon – Félix Vallotton, 1899, Musée d’Orsay


Vallotton le soleil ni la mort – Colette Nys-Mazure
Invenit, (collection Ekphrasis), 2013, 67 p.


Challenges concernés

Challenge Multi-défis 2016 :
Un livre dont le titre comprend une conjonction de coordination

La dernière innocence – Alejandra Pizarnik

135Il m’est souvent difficile d’aborder sur ce blog les auteurs qui me touchent le plus, je repousse généralement à l’extrême le moment de vous parler de leur œuvre. Il en va ainsi d’Alejandra Pizarnik dont j’ai plaisir à lire et relire sans cesse les poèmes en esquivant de vous en faire part.

La dernière innocence est son deuxième recueil, publié en 1956 alors qu’elle a 20 ans. L’auteur l’a rapidement considéré comme le premier de tous et l’a toujours fait figurer en première position de sa bibliographie. Il est dédié à Léon Ostrov, son premier psychanalyste avec lequel elle a entretenu une correspondance pendant près d’une décennie. Ces lettres ont été très récemment publiées aux éditions des Busclats, je vous en reparlerai. En conclusion du recueil de poèmes, on trouve des Souvenirs d’Alejandra Pizarnik écrits par L. Ostrov et préalablement publiés en 1983, soit 11 ans après le suicide de sa patiente, et deux lettres de la poétesse à son médecin auquel elle voue une admiration quasi-mystique. Tiré à 900 exemplaires en mars 2015, cette publication des éditions Ypsilon est – tout comme Textes d’Ombre – un petit bijou de livre-objet que j’ai toujours grand plaisir à saisir, à parcourir, à relire et feuilleter sans jamais me lasser.

Si l’altérité était au centre des poèmes de Textes d’Ombre, La dernière innocence se présente d’avantage comme un appel à la vie, malgré tout, contre tout, contre la mort, contre le vent, et pour le vent, pour la vie, pour la mort. C’est de cette ambivalence, entre désir et douleur de vivre, entre angoisse et départ espéré, qu’Alejandra Pizarnik joue pour extérioriser ses terreurs, les dépasser et leur arracher quelques bribes de vie.

Je vous livre deux poèmes.

Origine

Il faut sauver le vent
Les oiseaux brûlent le vent
dans les cheveux de la femme solitaire
qui revient de la nature
et tisse des tourments
Il faut sauver le vent

Seulement

Là je comprends la vérité

elle éclate dans mes désirs

et dans mes détresses
dans mes déceptions
dans mes déséquilibres
dans mes délires

là je comprends la vérité

à présent
chercher la vie


La dernière innocence – Alejandra Pizarnik
traduit de l’espagnol (Argentine) par Jacques Ancet
Ypsilon, 2015, 41 p.
Première publication : La ultima inocencia, 1956


Challenges concernés

Challenge Multi-défis 2016 : une œuvre écrite en vers 

Top Ten Tuesday #5 – Les 10 livres que vous offririez à un.e ami.e

Héhé ! Ce thème hebdomadaire du Top Ten Tuesday m’inspire… Le plus difficile est de choisir ces fameux dix livres qu’il me semblerait bon d’offrir. C’est parti !

9782330031022Le mur invisible – Marlen Haushofer

Sans originalité, je vous en rebats les oreilles depuis de longs mois et je l’offre ou en parle dès que l’occasion se présente. Le mur invisible m’a profondément marquée, j’y aime l’indescriptible évolution du personnage principal, son isolement, son humanité, son rapport à la nature et aux animaux, le style de l’auteur très fluide et qui a le don de tenir le lecteur en haleine avec presque rien en apparence. Mon retour de lecture est ici.

41-tb1zuufl-_sx301_bo1204203200_La horde du Contrevent – Alain Damasio

Je réserve ce titre aux lecteurs acharnés qui n’ont pas peur de se confronter physiquement à leur livre, aux amateurs de science-fiction amoureux des lettres, aux illuminés en quête de sens, aux combattants de l’absurde… rien que ça ! Mon billet ici.

51wc2b2er1rl-_sx195_Pourquoi nous aimons les femmes – Mircea Cărtărescu

Je dois cette découverte à Sandrine et à ses rendez-vous autour de l’Europe des écrivains. Pourquoi nous aimons les femmes est un recueil de nouvelles qui relate les rapports aux femmes de l’auteur à différents âges de sa vie, avec beaucoup de sensibilité, parfois d’humour envers lui-même, de tendresse, de lucidité, de naïveté, selon les jours et selon la femme. Mon avis est ici.

kokantzis-gioconda-1Gioconda – Nikos Kokàntzis

Gioconda est une petite perle grecque, unique publication de son auteur, je la réserve aux romantiques. Cette histoire d’amour adolescente à la sensualité exacerbée sur fond de seconde guerre mondiale est un délice… Je vous en parlais ici.

cvt_a-la-croisee-des-mondes-tome-1-les-royaumes-du-n_28841A la croisée des mondes – Philipp Pullman

Là où d’autres ont grandi au rythme de Harry Potter, je préférais suivre les pas de Lyra et son dæmon à l’aide d’une mystérieuse boussole d’or. Les univers d’A la croisée des mondes m’ont intimement influencée et j’aurais plaisir à les faire connaître à mon tour aux adolescents de mon entourage. J’ai d’ailleurs terriblement peur de relire ces trois volumes, résisteront-ils à l’œil critique de l’adulte ?

u9782330051228Les sentinelles des blés – Chi Li

J’ai découvert cet auteur chinoise récemment et j’ai apprécié à la fois la simplicité du style et l’extrême sensibilité du contenu. Je l’offrirai volontiers à toute personne en mesure d’en apprécier la subtilité et la douceur. Mon billet est ici.

album-cover-large-26949Le piano oriental – Zeina Abirached

Reçu pour mon anniversaire, Le piano oriental est devenu ma ressource-cadeau BD. J’ai adoré le style du dessin que je ne peux m’empêcher de comparer à ceux de Marjane Satrapi, les thématiques abordées : la poésie, la musique, les ponts construits entre l’Orient et l’Occident, entre la France et le Liban,  et surtout cette musicalité quasi-permanente à chaque vignette due aux onomatopées judicieusement choisies et mises en scène. Mon billet ici.

ac9d5-9782365200417Les chiens de l’aube – Anne-Catherine Blanc

Roman noir à l’ambiance latino-américaine, aujourd’hui épuisé, on en trouve encore quelques exemplaires dans les très bonnes librairies uniquement. Le style remarquable d’Anne-Catherine Blanc nous narre l’improbable histoire d’un concierge de maison close et nous dresse les délicieux portraits de ces travailleuses de la nuit. Mon avis complet ici.

41wel-9rybl-_sx315_bo1204203200_Soundtrack – Hideo Furukawa

Reçu également pour mon anniversaire, je n’ai pas encore pris le temps de vous en parler. Soundtrack n’est pas une pépite, c’est un lingot d’or à labelliser chez Galéa ! Cette épopée futuriste de deux enfants dans un Japon miné par le réchauffement climatique est chargée de rage, de révolution, de vie, d’amour et d’espoir… Oui oui je sors les grands mots et je les pèse !

plat1mandelstamSur Anna Akhmatova – Nadejda Mandelstam

Ce dernier titre est un peu plus difficile à offrir. Je le garde toutefois sous le coude – avec Mon Pouchkine de Marina Tsvetaeva – pour ceux à qui j’aimerais faire décourvrir la poésie sans en avoir l’air. C’est grâce à ce livre notamment que j’y suis venue moi-même. Sur Anna Akhmatova est une biographie de la poétesse russe rédigée par l’une de ses très proches amies, Nadejda Mandelstam, épouse du poète du même nom.  Interdits à la publication par la censure bolchévique, les vers d’Anna Akhmatova nous sont parvenus grâce à la mémoire prodigieuse de Nadejda Mandelstam qui s’est chargée de les recopier sur papier et de les publier dès que le contexte politique le lui a permis – le livre plairait sans doute aussi aux amateurs d’histoire.

Il va sans dire que j’offre ces livres (et bien d’autres !) aux personnes que j’estime beaucoup. J’espère sincèrement que ce billet vous aura convaincu de les découvrir à votre tour.

Mes petites emplettes… #17

Avec le printemps, reviennent les excès en tout genre. Si j’ai presque su me contenir en bibliothèque, en revanche mes bonnes résolutions se sont toutes envolées en librairie. Je ne suis pas prête d’arriver au bout du plan ORSEC !

En bibliothèque, j’ai emprunté varié…

Aux éditions du Tripode, j’ai expérimenté le Grand Trip !
(ce ne sont pas mes ongles sur la photo)

12670786_1050211195041238_7987889618284050848_n

Anguille sous roche – Ali Zamir

A L’étourdi de Saint Paul,
j’ai déniché deux pures merveilles…

 

A L’esprit livre,
j’expérimente de nouveaux auteurs et renoue avec un plus ancien

 Dans les étagères d’un ami,
j’ai fouiné…

1540-1

Et un cadeau, j’ai reçu !
Merci Marine 😀

bohumil-hrabal-la-chevelure-sacrifiee