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Plume – Henri Michaux

Plongée dans l’univers surréaliste. La manœuvre n’était pourtant pas volontaire. J’ai récupéré ce volume (presque) par hasard sur une table à troquer de la librairie Vivement dimanche lors de la braderie estivale de la Croix-Rousse. (Les lyonnais comprendront). Ravie de retrouver ce titre dans les étagères virtuelles d’Inganmic, voici le fruit de notre nouvelle lecture commune…

Plume, précédé de Lointain intérieur est publié dans la collection Poésie de la NRF Gallimard. Point de vers pour autant, plutôt de très courtes nouvelles, voire quelques paragraphes, des dialogues aussi, indépendants les uns des autres, faisant offices de poèmes par leur absence complète de rationnalité, par leur puissance onirique, surtout leur absurdité notoire, phrases décousues, sans queue ni tête, destabilisantes à loisir, et pourtant si jolies, parfois si sensées sous couvert de l’absurde, étonnament elles interpellent le lecteur malgré lui, le questionnent, l’intriguent ou le bousculent. L’amusent. Henri Michaux m’apparaît avant tout comme un auteur ludique, aux écrits frais et vivifiants. De la poésie drôle en somme !

Mais finalement assez hermétique. Je m’excuse par avance auprès des fiers littérateurs que j’aurais pu offenser par ma candide ignorance ; et je vous livre un poème :

Quand les motocyclettes rentrent à l’horizon

La seule chose que j’apprécie vraiment, c’est une motocyclette. Oh ! Quelles jambes fines, fines ! A peine si on les voit.

Et pendant qu’on admire, déjà, tant elles sont rapides, elles regagnent prestement l’horizon qu’elles ne quittent jamais qu’à grand regret.

C’est ça qui fait rêver ! C’est ça qui fait pisser les chiens contre le pied des arbres ! C’est ça qui nous endort à tout le reste, et toujours nous ramène, recueillis aux fenêtres, aux fenêtres, aux fenêtres aux grands horizons.


Plume précédé de Lointain intérieur – Henri Michaux
Gallimard, 1963


Challenges concernés

Challenge Poésie

La nuit des temps – René Barjavel

« Rho le Barjavel!!!!! » s’exclamait Galéa en commentaire de mon article du 3 juin dernier sur mes petites emplettes du mois. Aurais-je donc fait mouche en craquant pour ce classique de la SF déniché dans les étagères du Café des artistes ?

Le risque de me planter était, avouons-le assez faible. J’avais lu un autre Barjavel il y a déjà quelques années, Les chemins de Katmandou, dans la foulée de Flash ou le grand voyage de Charles Duchaussois – j’étais dans « ma période toxico-asiatique » 😉 . Et je me souviens avoir aimé, bien que mes souvenirs, 5 ans plus tard, soient plutôt confus.

Pour une fois, « mes petites emplettes littéraires » n’auront pas trop traînées sur ma pile-à-lire. Ni une ni deux Inganmic me propose une lecture commune pour le 28 juillet – aujourd’hui en somme – et je me plonge dans le récit… avec délice.

La nuit des temps, dans mon calendrier de lecture, faisait suite au Rivage des Syrtes de Julien Gracq. Le pari était audacieux. Epuisée par cette lecture riche, lente et à la digestion fastidieuse, me plonger dans un nouveau classique m’inquiétait un peu. Futile tourment ! Les premières lignes d’une lettre d’amour enflammée et desespérée auront eu raison de mes préjugés ; et je n’ai décroché les yeux du roman qu’à grand peine, pestant contre les tramways trop rapides (je lis dans les transports en commun), mon manque de résistance au sommeil et contre tout autre obstacle m’imposant de quitter les aires glaciaires de l’Antarctique ou l’harmonieuse compagnie d’Eléa et Païkan !

Je ne suis pas une grande lectrice de science-fiction, je ne m’adonne que très rarement à ce genre littéraire, sans doute à tord puisque j’y trouve grand plaisir – citons pour l’exemple La Horde du Contrevent d’Alain Damasio. Ces romans questionnent avec justesse nos sociétés actuelles et apportent leur lot de rêves, de réponses ou de signaux d’alarmes au lecteur emballé.


La nuit des temps – René Barjavel
Pocket, 2014, 410 p.
Première édition : 1968