Le garçon – Marcus Malte #MRL16

LeVieuxJardinAW+Ce livre m’a impressionnée et fortement renvoyée aux grands classiques du XIXe siècle. Par sa forme, notamment, en nous invitant à suivre l’évolution d’un personnage central, de son enfance à sa mort. J’ai pensé assez rapidement à L’éducation sentimentale d’un certain Flaubert pour la dimension initiatique, mais aussi et surtout à L’homme qui rit de Victor Hugo, œuvre majeure de ma vie de lectrice. Les échos sont nombreux entre l’enfant trouvé et déformé que l’on nommera Gwynplaine et le garçon sans voix de Marcus Malte, entre Ursus et Brabek, entre Homo et le cheval, entre les amours quasi incestueux des uns des autres, et puis Mazeppa… Plus j’y pense, plus la liste des similitudes s’allonge. Face à ce monument littéraire, Le garçon revêt une identité propre, moderne, en intégrant à la fois les codes des classiques du 19e siècle en commençant par ceux du libertinage, et les maux du XXème, la guerre, l’absurde, l’errance. Jusqu’au mythe de Sisyphe brillamment remis au goût du jour.

Je me sens toute petite et stupide à trop vouloir vous transmettre ce que j’aime de ce roman : à la fois son étonnante cohérence, sa complétude et l’immense variété des styles, des genres littéraires et des sujets abordés, et cette profonde humanité du garçon sans nom et surtout sans voix, qui a aucun moment ne semble en capacité d’exprimer lui-même ce qu’il vit. Le garçon renvoie aussi à ce qu’il reste de l’homme lorsqu’il est privé d’expression verbale.

Une lecture commune avec : Hélène,  Noukette, Asphodèle.

D’autres avis : Yvan, ClaudiaLucia, Zazy, Kathel, Pr Platypus, Yv, LiliGalipette


Le garçon – Marcus Malte
Zulma, 2016, 534 p.


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Challenge Multi-défis 2016 : Un livre pioché au hasard dans votre PAL

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29 réflexions au sujet de « Le garçon – Marcus Malte #MRL16 »

  1. Yvan

    Bravo pour cette chronique et les parallèles faits avec d’illustres prédécesseurs. Mais comme tu le dis bien, ce livre a son identité propre. C’est vrai, on se sent tout petit devant une telle histoire, de telles émotions et un tel talent

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  2. kathel2

    Les échos avec L’homme qui rit, oui, tu as tout à fait raison ! J’avais pensé aux romans du XIXème siècle, sans plus de précision. J’ai adoré Le garçon aussi, et je suis ravie de voir qu’il t’a plu.

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  3. Asphodèle

    Tes comparaisons sont très pertinentes ! En ce qui me concerne ces lectures sont trop lointaines pour que j’ai fait le rapprochement, mais la sensation de tenir entre mes mains un très grand livre ne m’a pas quittée du début à la fin… Je pense que les autres derrière vont me sembler pâlichons… Contente d’avoir fait cette LC avec toi Noukette et Hélène ! 😉

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    1. Moglug Auteur de l’article

      Je suis en train de lire Le sillage de l’oubli de Bruce Machart, j’en suis à peine à la moitié et le moins que je puisse dire, c’est qu’il est à la hauteur du Garçon dans un autre genre !

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      1. Asphodèle

        C’est bon à savoir ! 😉 Moi je viens de commencer un SP québecois (on verra, c’est un genre totalement différent), mais je suis restée deux jours sans rien pouvoir lire après avoir fini Le Garçon…Hâte de lire ta chronique sur le Sillage…

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        1. Moglug Auteur de l’article

          J’ai aussi deux titres québécois fraîchement acquis : Station Eleven de Mandel et Sous le poids de la neige de Guay-Poliquin. 🙂
          J’ai eu du mal à quitter Le garçon mais j’étais en vacances à ce moment, j’ai changé de ville et changé de roman. La transition s’est fait comme ça. Si j’avais été chez moi, ça aurait été différent je pense.

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  4. Sido

    C’est dingue, malgré tous les avis positifs, y compris les fameux petits mots des libraires posés sur les livres qu’ils aiment, je n’ai pas envie de cette lecture. Mais l’auteur vient bientôt dans ma librairie favorite, il me fera peut-être changer d’avis ?

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    1. Moglug Auteur de l’article

      Je m’y suis plongée sans savoir où j’allais et je ne le regrette pas. Qu’est-ce que tu redoutes ? Les thèmes abordés peuvent paraître classiques, mais la forme est géniale, c’est très fort ! Feuillette-le à l’occasion pour te faire ton propre avis. Je n’ai pas pu assister à la rencontre avec l’auteur à Lyon, et je regrette un peu…

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      1. Sido

        C’est peut-être le sujet lui-même de l’enfant sauvage qui me rebute. Ça me rappelle des lectures d’enfance; c’est flou, je ne sais pas mais je vais suivre ton conseil: le feuilleter, écouter l’auteur…

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    1. Moglug Auteur de l’article

      Il est surtout très complet, mais à la lecture la narration s’enchaîne assez facilement pour le lecteur je trouve, le style n’est pas trop alambiqué. Il pourrait se lire comme un classique du XIXe mais dépoussiéré ! 😉

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  5. Asphodèle

    Finalement j’ai abandonné mon SP et deux ou trois autres avant de lire Martin Eden qui est aussi magnifique, ils seront mes deux chefs-d’oeuvre de l’année ! Et j’ai vu que j’avais Le sillage de l’oubli sur mes étagères, je vais l’en sortir rapidement ! 😉

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