Vénus Erotica – Anaïs Nin

Quelle difficulté de conserver son sérieux pour exprimer son envie de découvrir une littérature parallèle, excitante mais toujours bien écrite ! J’ai bien tenté incognito le rayon « Erotisme » de la Fnac mais sans succès, la qualité du texte cédant bien trop rapidement le pas, à mon goût, à la pornographie gratuite et obscène. Vaillamment, j’aurais aimé être capable de débarquer en librairie, librement, et demander « Vous n’auriez pas quelques nouvelles érotiques bien écrites à me conseiller ? ». Sincèrement… je n’ai pas pu. Discrètement, j’ai préféré fureter sur l’un ou l’autre blog pour repérer quelques titres, en particulier sur Mon salon littéraire où j’ai pu initier mes pérégrinations érotiques avec Eros en son absence de Sandrine Willems. L’aventure m’avait laissée perplexe sur son contenu mais rassurée quant au style : une littérature érotique et élégante était donc possible… De fil en aiguille, j’ai souhaité m’en remettre aux classiques du genre avec Vénus Erotica d’Anaïs Nin. Je vous épargne la scène où la libraire s’exclame à bien trop haute voix « Anaïs Nin ? Bien sûr, on a dû le classer au rayon érotique là en-bas »…(le rayon invisible que vous êtes obligé de demander parce qu’il est introuvable autrement RRRrrr !).

Trêve de bavardages : Vénus Erotica est un classique du genre érotique, mais aussi et surtout un classique-tout-court. Constitué d’une quinzaine de courtes nouvelles, Vénus Erotica a été rédigé à la demande d’un mystérieux collectionneur qui souhaitait que l’auteur en vienne aux faits essentiellement sexuels. Pour mon plus grand bonheur, Anaïs Nin a l’imagination et le style un tantinet plus subtils. Plus qu’une description anatomique, crue et froide, elle soigne ses mises en scène et les veut surprenantes et variées. Elle entraîne son lecteur dans des fantasmes improbables pour l’époque, dérangeants parfois, mais toujours excitants au final, il faut bien l’admettre. Elle manie avec délice l’art de la suggestion et le plaisir des lettres, tout en esquivant les délires pervers ou sado-masochistes poussés à l’extrême – parait-il – dans d’autres textes plus gris et moins nuancés.

Cette seconde escapade érotique aura été plus que fructueuse, je songe sérieusement à inclure Vénus Erotica dans mes coups de cœur 2015, je suis convaincue de ne pas m’arrêter en si bon chemin avec Anaïs Nin et envisage déjà de me procurer son célèbre Journal. Par ailleurs, j’ai signé pour une troisième escapade du genre à la librairie Le Bal des Ardents – qui ne cache pas ses rayonnages  érotiques 😉 – avec Confession sexuelle d’un anonyme russe, en espérant vous en donner bientôt des nouvelles !


Vénus Erotica – Anaïs Nin, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Béatrice Commengé
Le Livre de Poche, 2014
Date de rédaction : 1950
Première publication : 1969
Première traduction en français (Stock) : 1978


Challenge concerné
(cliquez sur l’image pour les détails)

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14 réflexions au sujet de « Vénus Erotica – Anaïs Nin »

  1. Valentyne

    Par curiosité , je suis allée voir sur le site de ma bibli …
    Ils ont trois titre d’Anais Nin dont celui dont tu parles … Tout les trois « en magasin réserve  » ce qui veut dire qu’il ne sont pas en rayon et qu’il faut les demander à l’accueil 🙂
    J’ai lu Anaïs Nin en cachette à 13 ans (un livre caché dans la bibli de mon père … Je ne me rappelle plus du titre … Il faudrait que je relise … Pas tout compris à l’époque (lol)
    Bon dimanche Moglug 🙂

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    1. Moglug Auteur de l’article

      Oh c’est dommage de mettre Anaïs Nin en réserve !! Je crois que son journal est très connu, c’est peut-être celui là que tu as trouvé dans la bibliothèque de ton père. 😉
      Moi c’est L’amant de Lady Chatterley que j’ai trouvé, gamine, dans celle de ma mère sans trop rien y comprendre. 😉

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  2. Mina

    Je suis bien d’accord avec ton introduction (et ravie d’avoir pu te rassurer quant à la littérature érotique, même si le succès ne fut pas tout à fait au rendez-vous). Dénicher les rayonnages érotiques n’est pas une mince affaire, c’est souvent un casse-dos de devoir s’agenouiller pour les consulter, et pour ce qu’on y trouve… Généralement, je passe par la commande ou trouve mon bonheur dans les rayonnages des poches, parmi les classiques dont on ne se méfie pas forcément.

    En te lisant, je me dis que je devrais une deuxième chance à Anaïs Nin, au moins relire une ou deux nouvelles (parmi tes coups de coeur de l’année, ce n’est pas rien). J’ai le souvenir de ne pas avoir aimé son style. Pourtant, en relisant mon avis de l’époque, ce n’était pas si catastrophique, plutôt un problème de comparaison avec mes lectures précédentes et un regret de cette contrainte du commanditaire. Je suivrai tes prochaines lectures de près et attends notamment des nouvelles de ce russe (je n’oublie pas quant à moi les lettres de Mademoiselle S.)

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    1. Moglug Auteur de l’article

      J’ai lu très peu de littérature érotique, ce qui me rend peut-être facilement impressionnable. L’avenir nous dira si je deviens plus exigeant en la matière.
      Je n’ai pas encore commencé Les confessions de l’anonyme russe mais cela viendra. J’ai hâte de lire ton avis sur Mademoiselle S !

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  3. jerome

    Il y a à boire et à manger dans la littérature érotique, c’est certain. Mais en cherchant bien, et même si on ne peut échapper à quelques purges, on parvient à dénicher des textes de très grande qualité.

    Aimé par 1 personne

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