La petite lumière – Antonio Moresco

24h sans lire. Conséquence symptomatique d’un deuil post-chef-d’oeuvre. 24h à méditer, à ruminer, à digérer, à faire mien ce tout petit livre de l’auteur italien Antonio Moresco.

« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant. »

Tout est dit ou presque dans cet incipit. Pendant ces quelques 123 pages, nous suivons les pensées du narrateur, isolé dans une petite maison de montagne. De l’autre côté de la vallée, au milieu des arbres, une petite lumière lui tient compagnie chaque soir. Il entreprend alors de découvrir son origine. Mêlé de descriptions merveilleuses du monde naturel qui l’entoure, de dialogues intérieurs avec les animaux, avec lui-même, ou avec « la petite lumière », frisant le fantastique, ce court roman est une vraie pépite, une réussite littéraire par les questions qu’il soulève et par les perspectives qu’il déploie pour le lecteur contemplatif.

Je ne sais pas encore ce que j’en garde réellement. C’est un récit qui me travaille. Il parle de solitude incontestablement, et de mort, mais d’une manière si douce qu’il mériterait sans doute le qualificatif de « rédempteur ». Cela dit ce n’est pas tant la mort qui m’interpelle, mais cet isolement souhaité, non expliqué et finalement pas aussi bien vécu que le protagoniste l’aurait voulu. Je ne vais pas me lancer dans une analyse que je suis incapable de faire. Finalement, ce livre me renvoie au Mur invisible par les thématiques abordées, avec un goût d’achevé toutefois que ne nous propose par Marlen Haushofer. La petite lumière offre une réponse fine et sensible à l’éternelle solitude humaine, fantastique et par conséquent inaccessible et hypothétique, mais sans être tout à fait impossible. Sur le fil du rasoir, ce livre interroge insidieusement…

A découvrir, sans hésiter ! – et pour ma part, un auteur à suivre.


La petite lumière – Antonio Moresco, traduit de l’italien par Laurent Lombard
Verdier, 2014, 128 p.
Première publication en italien : Mondalori, 2013


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22 réflexions au sujet de « La petite lumière – Antonio Moresco »

  1. Anne de Louvain-la-Neuve

    Pour un autre chef d’œuvre, d’une écriture renversante : « Parabole du failli » de l’auteur haïtien, Lionel Trouillot. Je fais suivre votre critique aux personnes de ma tournante de livres, qui manquent souvent d’idées… Merci à vous…

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      1. Anne de Louvain-la-Neuve

        J’avais envoyé votre critique aux douze membres de ma tournante et l’une a acheté ce bouquin sur vos bons conseils. Elle a adoré et nous le faisons circuler. J’ai commencé hier. Premières impressions des premières pages : une nature pas si attirante que ça, pleine de pièges et de végétation qui grimpe, étouffe, couvre. Des chiens dangereux… il y a le mot « petite » qui revient comme un leit-motiv comme « cà et là »… Je vais voir comment ça évolue : c’est tout à fait intrigant.

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          1. Anne de Louvain-la-Neuve

            Ca y est, je l’ai terminé. Mon Dieu, quelle fin renversante ! Je ne suis pas sûre de l’avoir comprise. C’est totalement intrigant et je vais en discuter plus tard dès qu’il aura circulé parmi mes amies. Et vous ? Oserait-on en discuter ici sans dévoiler trop de choses aux autres potentielles lectrices ? Et qui parle finalement ? Bref, le mystère total !

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            1. Moglug Auteur de l’article

              Je pense que nous pouvons en parler en commentaire, il suffit de prévenir que la fin du roman sera l’objet de notre propos. 😉
              Avec le temps, je me rends compte qu’il ne me reste plus grand chose de ce livre contrairement au Mur invisible. La fin est tellement improbable que je crains de ne pas avoir réussi à me l’approprier tout à fait. Elle m’échappe encore aujourd’hui…

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              1. Anne de Louvain-la-Neuve

                Ouf ! En fait je me demande vraiment si c’était l’un (je ne le dis pas trop, les murs ont des oreilles) ou si c’était l’autre qui parle ou en fait, qui dit vraiment quoi ? Bref, j’erre ! Mais au niveau des émotions, ce livre me rappelle celles que j’ai eues à la lecture du « Jour des corneilles » de Beauchemin et je pense qu’il me restera en mémoire.

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                1. Moglug Auteur de l’article

                  Heu je me suis souviens plus trop… dans mon souvenir il n’y a pas de changement de narrateur, c’est toujours l’homme qui parle du début à la fin. Mais peut-être que les personnages se mêlent à la fin, je ne sais plus…

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  2. Ingannmic

    Coucou Moglug,

    Quel beau texte en effet, juste assez mystérieux pour, comme tu dis, semer dans notre esprit des interrogations qui continuent de résonner bien après la lecture… Je crois que Moresco compte déjà une bibliographie assez conséquente, mais que parmi ses titres,seule La petite lumière a été traduit en français. J’espère que son succès incitera les éditeurs à continuer…

    Es-tu toujours partante pour notre LC de Barjavel (nous avions convenu de publier nos billets le 27/07) ?

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