Poésies – Paul Valéry

Aucun mérite à (re-)découvrir Paul Valéry dans une salle de cinéma. « Le vent se lève / Il faut tenter de vivre », vers allègrement mis à l’honneur dans l’ultime réalisation de Hayao Miyazaki. Les détours qui nous mènent à la poésie sont délicieusement variés…

Obnubilée par l’idée de lire le poème complet dont sont extraits ces vers, j’emprunte à la bibliothèque de la Part-Dieu le recueil Poésies. Celui-ci rassemble un album de vers anciens, plusieurs poèmes réunis sous le titre de Charmes dont Le cimetière marin, fruit de mes recherches, quelques courtes pièces de théâtre, et des poèmes a priori plus récents. Aucune introduction ni commentaire ne vient agrémenter cet ouvrage, à mon grands regret. Les poèmes ne sont pas mêmes datés.

Si je dois être sincère, je n’ai pas été particulièrement emballée par la première partie du recueil…. et j’en ai honte. Des « vers anciens », largement inspirés par la nature et la mythologie antique, se dégage une beauté limpide et harmonieuse, douce, mais finalement distante et je ne me sens pas très concernée. Les Charmes m’interpellent d’avantage, plus dynamiques ou percutants, je retrouve le fameux Cimetière marin où la brise légère des films de Miyazaki cède la place à « Une grande mer de délire douée », où « La vague en poudre ose jaillir des rocs ! ». Enfin, la puissance poétique à son paroxysme !

Dans la foulée, je découvre et savoure La palme dont voici un extrait :

Ces jours qui semblent vides
Et perdus pour l’univers
Ont des racines avides
Qui travaillent les déserts
La substance chevelue
Par les ténèbres élues
Ne peut s’arrêter jamais,
Jusqu’aux entrailles du monde,
De poursuivre l’eau profonde
Que demandent les sommets.

Patience, patience,
Patience dans l’azur !
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr !
Viendra l’heureuse surprise :
Une colombe, la brise,
L’ébranlement le plus doux
Une femme qui s’appuie,
Feront tomber cette pluie
Où l’on se jette à genoux !

Les poèmes clôturant le recueil me paraissent plus modernes que les premiers, ils m’amusent parfois et me séduisent bien d’avantage. Toutefois, toutefois…il me faut bien admettre que je reste globalement hermétique aux écrits de Paul Valéry. Dois-je en conclure que je suis sensible à une poésie plus contemporaine ? Ai-je fait l’erreur d’épuiser ma lecture dans ces vers anciens qui ne seraient pas du meilleur cru ? Je reste perplexe devant mon propre manque d’enthousiasme… et suis bien curieuse d’avoir votre avis sur la question !


Poésies – Paul Valéry
Gallimard, 1988, 211 p.
Première publication : 1920 – 1934 


Challenge concerné

Challenge Poésie 2014-2015

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2 réflexions au sujet de « Poésies – Paul Valéry »

  1. Alison Mossharty

    Le mois dernier j’ai lu des poèmes d’Hardy et j’ai été également totalement hermétique : j’ai trouvé d’un classicisme qui ne m’a pas du tout parlé… Bref, tout ça pour dire que tu n’es pas la seule ^^ C’est comme il y a peu j’ai lu par hasard une poésie de Mallarmé, j’aime bien le surréalisme mais je dois avouer qu’en poésie, je trouve que ça a très mal vieilli…

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    1. Moglug Auteur de l’article

      Bon ça me rassure ! Cela dit je n’ai jamais lu ni Mallarmé ni Hardy… ça tombe bien, il y a plein d’autres auteurs qui me plairaient sans doute d’avantage 😉 En poésie récemment j’ai lu et adoré « Homère au royaume des morts à les yeux ouverts » de Gérard Macé. C’est génial ! Rien que le titre je suis fan !

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