L’ « homo religiosus » et son expérience du sacré – Julien Riès

L’ « homo religiosus » et son expérience du sacré : introduction à une nouvelle anthropologie religieuse est cité dans la bibliographie de Religions : les mots pour en parler, parmi les publications récentes (2009). C’est donc curieuse d’en savoir plus sur cette notion d’homo religiosus que je m’y attèle. L’ouvrage est divisée en deux grandes sections : l’homme et son expérience du sacré au cours de l’histoire ; l’ « homo religiosus » au défi de la modernité. La première section retrace l’évolution du sacré de la préhistoire jusqu’au christianisme. En s’appuyant sur les données de l’archéologie préhistorique, Julien Riès, théologien, philologue et historien, soutient que les premières traces de sacré apparaissent aux environs de – 300 000 avant notre ère. A cette époque, l’homo habilis taille ses premiers silex bifaces et témoigne ainsi d’une expérience et d’un goût de l’esthétique. Vers – 100 000, les premières tombes sont des preuves évidentes des premiers rituels funéraires, la mort est sacralisée. Les peintures pariétales nous renseignent d’avantage encore sur le sens esthétique des premiers hommes. Certaines d’entre elles représentent des hommes et des femmes les bras levés vers le ciel (position d’orants), posture assimilable à un geste de prière, ou a minima à un témoignage de fascination envers la voûte céleste. Des hommes sont également représentés dans cette même position face à leurs divinités. J. Riès se focalisent ensuite sur les religions méditerranéennes : religions égyptienne, romaine, jusqu’à l’avénement du christianisme et les grandes polémiques des premiers temps chrétiens, en particulier la polémique contre les idoles et les premières iconographies chrétiennes.

Dans une deuxième section, l’auteur se consacre d’avantage à l’histoire des sciences religieuses depuis le XIXème siècle. Il présente les différents courants et controverses de la discipline : Rudolf Otto, Mircéa Eliade, Georges Dumézil, Emile Durkheim, un mot rapide sur les marxistes, et sur les défenseurs de « la mort de Dieu » après la seconde guerre mondiale. Julien Riès conclue son ouvrage sur les perspectives du sacré chrétien en citant des auteurs tels que G. Bachelard, G. Durand, J. Vidal sur le nouvel esprit scientifique, ou encore Y. Congar.

Je ne peux pas dire que cet ouvrage composé de plusieurs interventions de colloques, articles, extraits d’ouvrages scientifiques, soit facile d’accès. J’ai dû souvent lutter pour terminer certains chapitres. Certaines notions sont redondantes, mais la répétition et la reformulation sont mères de la pédagogie, et c’est finalement grâce à ces redondances que j’ai pu intégrer et reformuler ici, même superficiellement, les évolutions historiques du sacré. J’ai également pu commencer à identifier et clarifier dans mon esprit les grands courants des sciences religieuses. Le parti pris de Julien Riès est évident tout au long de la lecture, certains auteurs cités dans Religions : les mots pour en parler ne sont pas cités ici. Je suis un peu frustrée de la très faible part accordée à l’islam – à chacun sa spécialité. Les deux ouvrages de Riès et Bœspflug se complètent, se renforcent et proposent leurs propres pistes de lecture pour l’étude des religions. Dans les deux cas, Mircea Eliade et Rudolf Otto restent les références indispensables et incontournables en la matière.

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