Le Prophète – Khalil Gibran

Le Prophète – Khalil Gibran

J’ai découvert ce petit ouvrage par hasard, le week-end dernier, sur le présentoir à l’entrée d’une petite librairie ésotérique du quartier Saint Jean à Lyon. Pour quelques euros à peine, j’empochais 3 petites merveilles : La Création du monde et le Temps de Saint Augustin, L’esprit de l’aïkido de Kisshômaru Ueshiba et Le Prophète de Khalil Gibran. Le soir même, chaudement recroquevillée au fond de mon canapé, j’ouvrais Le Prophète. Je ne me suis arrêtée que pour allée dormir. Au réveil, un café à la main, je reprenais avidement la lecture de ce petit ouvrage, et le terminais avant midi. Autant dire que je me suis totalement immergée dans les propos de ce prophète, dégustant chaque vers, et m’émerveillant à la fin de chaque chapitre ;  ne m’arrêtant que pour mieux savourer les dernières lignes.

Le Prophète se lit très facilement et rapidement. Les phrases courtes et synthétiques vont directement à l’Essentiel. Le prophète s’apprête à quitter sa terre d’accueil pour rentrer dans son pays. Avant qu’il ne parte, les habitants  d’Orphalèse viennent le questionner sur tout ce qui constitue la vie. Ainsi, chacun leur tour il l’interroge sur l’amour, le mariage, les enfants, le don, le boire et le manger, le travail, la joie et la peine, les maisons, les habits, l’achat et la vente, le crime et le châtiment, les lois, la liberté, la raison et la passion, la souffrance, la connaissance de soi, l’enseignement, l’amitié, le verbe, le temps, le bien et le mal, la prière, le plaisir, la beauté, la religion, et la mort. Les réponses sont limpides sans jamais être simplistes. Les mots utilisés sont incroyablement juste, comme s’ils témoignaient d’une certaine Vérité.

Je ne peux pas vous citer d’extrait ici, je suis incapable de choisir un passage plutôt qu’un autre. Le texte est librement accessible en ligne ici.

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La pierre et le sabre – Eiji Yoshikawa

La Pierre et le Sabre – Eiji Yoshikawa

Voilà bien longtemps que je n’ai rien écrit ici…Le retour des jours gris et moroses de l’automne m’incite à reprendre le clavier (faute de plume). Ce n’est pas parce que je n’écris pas, que je ne lis pas.

D’humeur samouraï, en ce moment je consacre mon temps libre à la lecture des oeuvres d’Eiji Yoshikawa, auteur renommé au Japon, je découvre les classiques du Pays du Soleil Levant… Un voyage qui s’accorde bien avec ma volonté de m’impliquer plus sérieusement dans la pratique de l’aïkido…D’humeur samouraï, je disais donc…Plus que l’envie de trancher des têtes, c’est la Voie du sabre et des arts martiaux qui m’interpelle, au même titre que la Voie bouddhiste ou celle de Shakti, il y a quelques années…Enfin celle-là, je compte bien la suivre pendant quelques années (décennies ?) . Elle a l’avantage de pouvoir se pratiquer régulièrement en club et de permettre une évolution concrète sur un tatami…Parce que les livres, c’est bien…mais ça ne fait pas tout…

La pierre et le sabre, je disais donc ? Le récit de la vie du jeune Miyamoto Musashi engagé sur la Voie du Sabre…D’abord intéressé par le combat, il s’aventurera bientôt (dans le volume 2 : La parfaite lumière) sur la Voie de la sagesse. Il surmontera de multiples péripéties, fera de plus ou moins belles rencontres…Roman d’aventure sur fond d’histoire d’amour et de récit initiatique…J’adore ! Voilà une histoire dans laquelle on se plonge facilement les jours de grisaille…

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De l’astrologie…

Ceux qui suivent ce blog (hum hum !) auront peut-être remarqué les quelques références sur la colonne de droite de ces dernières semaines mentionnant des traités pratiques et autres manuels d’astrologie…Ceux qui suivent ce blog et qui me connaissent un peu auront sans doute eu une réaction du type "Mais c’est quoi ce délire !"… En fait, ce type d’ouvrage ésotérique grand public ne fait pas franchement partie de mes lectures habituelles… Et pourtant, ces ouvrages conseillés par un drôle d’ami m’ont ouvert les yeux sur un savoir oublié des scientifiques et peut-être sous-estimé… Je ne vous parle pas de votre horoscope que vous pouvez lire dans Elle, Métro, ou je ne sais quel autre quotidien. Je vous parle d’une science ancestrale que l’on peut mettre dans la même lignée que l’alchimie…une science occulte qui mérite que l’on s’y penche un peu, en gardant toutefois un oeil critique, bien évidemment.

A travers l’astrologie, on touche plusieurs concepts fondamentaux repris dans les diverses mythologies, ouvrages de philosophie, voir de psychologie. On touche notamment au 4 éléments, et à la notion d’archétype largement développée par C.G. Jung et sa collaboratrice M.-L. von Franz, entre autres… On aborde la question des planètes évidemment, de leur position et de leur influence éventuelle sur les êtres. L’exemple le plus courant est l’influence de la Lune sur les marées, mais ça n’est qu’un détail dans l’océan des possibilités liées aux astres. Ce qui est intéressant également, c’est le nom des planètes, des noms de divinités grecques… Divinités qui renvoient aux archétypes, aux projections de notre subconscient, de notre imagination. A ce propos, j’ai déniché cet autre livre : L’astrologie : l’interprétation des signes par les mythes de G. Borie et G. Jouin… Je ne sais pas vraiment ce qu’il vaut. En fait, j’en conclue surtout que les concepts astrologiques renvoient à des concepts mieux étayés sur un plan scientifique : les archétypes.

Ce que je retiens de l’astrologie, plus que l’interprétation d’un thème astral, c’est surtout la notion de cycle. L’ensemble des 12 signes se succède selon un ordre logique marquant une évolution des esprits. On retrouve cette notion de cycle et d’évolution dans l’astrologie chinoise, dans le Yi King aussi, dans la mythologie hindoue, dans la Nature bien évidemment… Le temps cyclique qui s’oppose par son essence même à la notion de temps linéaire que nous étudions tous (nous autres occidentaux) à l’école, dès notre plus jeune âge. Ce temps linéaire qui perd progressivement son sens à mes yeux… Je n’avais pas compris la notion de cycle dans le Yi King avant de m’intéresser à l’astrologie. Je vais le relire en l’abordant sous cet angle.

Des références aux 4 éléments qui interviennent pour chaque signe astrologique (par exemple le lion et le feu), j’ai suivi le fil et les conseils d’un collègue pour découvrir les écrits de Gaston Bachelard. J’ai presque honte de ne l’avoir jamais connu avant ! Ce philosophe des sciences reprend chaque élément dans plusieurs ouvrages et met en évidence ce à quoi chaque élément fait appel dans notre imagination.

De fil en aiguille et après un rêve assez révélateur, j’ai entamé et dévoré  La psychanalyse du feu de G. Bachelard. J’avoue être restée un peu sur ma faim. Non pas sur la qualité de l’ouvrage, bien au contraire, mais plutôt parce que j’aurais aimé en savoir plus, bien plus, sur ce que le feu représente dans notre imagination. Bachelard met en avant le caractère créateur, sexuel du feu, purificateur un peu aussi…Il passe complètement sous silence son aspect destructeur…et qu’en est-il du bois, du combustible ? G. Bachelard soulève des questions, y répond en partie et éveille ma curiosité… J’ai commencé La terre et les rêveries de la volonté qui s’annonce tout aussi riche, et La formation de l’esprit scientifique, plus difficile à lire mais dans lequel j’ai déjà pu relever quelques perles…

Finalement de l’astrologie, je suis allée vers la mythologie, puis vers la philosophie et à nouveau la psychanalyse…Un nouveau cycle est lancé.

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L’archéologie – Auguste Nicaise

"En commençant cette étude, j’affirmais que les travaux archéologiques et leurs résultats élèvent le niveau moral de l’humanité. En effet, il n’est guère de sujets sur lesquels s’exerce l’activité humaine qui fassent mieux connaitre le néant des grandeurs, et ce qui reste aujourd’hui de ces étonnantes civilisations, de ces personnalités illustres qui ont brillé avec les empires disparus, et qui font encore, avec eux, de nos jours, le sujet des méditations de l’histoire.

S’il a le coeur préparé aux nobles émotions, si son esprit est imprégné des grandes leçons et des souvenirs de l’antiquité, pendant qu’il remue d’une main fiévreuse le sol avare pour lui arracher ses secrets, l’archéologue reconstruit, dans sa pensée, ces mondes disparus : il réveille par son imagination  les guerriers dans leurs tombes, il assiste à leurs combats, leurs triomphes, leurs funérailles.

Ces armes, ces bijoux, qu’il touche et qu’il contemple, deviennent pour lui d’éloquents témoins, et l’histoire, évoquée, sort ainsi vivante et palpable de ce sol bouleversé.

Ramener à la lumière les débris des batailles ou des cités, ces grands ossements dont parle le poète, qui font rêver, quand on les contemple couchés dans leur tombe; toucher ces armes rouillées par le sang et par le temps, ces bijoux qui servaient de parures aux guerriers fameux, aux blondes filles de la Gaule, ces vases que des mains pieuses confiaient à la terre, ne sont-ce pas là des émotions qui font oublier au chercheur que la bise souffle glacée et que le soleil va disparaître à l’horizon ?

Ces travaux apportent chaque jour de nouveaux éléments à ce grand édifice élevé à l’archéologie par l’érudition française, au fronton duquel brille cette belle devise :

Gloriae Majorum !

"A la gloire de nos Ancêtres"."

Extrait de "L’Archéologie : son domaine et son influence sur les progrès matériels et moraux du XIXè siècle", Communication faite à la Société de statistique lors de la séance du 21 mars 1894 par Auguste Nicaise.

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La joueuse de go – Shan Sa

La joueuse de Go - Shan Sa

J’ai découvert ce livre dans les rayons de la Bibliothèque Municipale de Saint-Quentin, il y a plusieurs mois déjà. Je l’ai dévoré. L’histoire troublante de deux adversaires du jeu de go sur fond de guerre sino-japonaise. Ceux que tout oppose dans la vie s’opposent et apprennent à s’aimer sur un plateau de jeu sans savoir à quel point tout les sépare. J’ai aimé le style, l’ambiance, l’Histoire et l’histoire, les tensions entre les hommes et les femmes, la chute, l’horreur, la douceur aussi…

J’ai eu envie de jouer, moi aussi, au jeu de go.

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L’entreprise des Indes – Erik Orsenna

Source : librairiedialogues.frJ’ai déniché ce livre dans un Relay SNCF à la gare de la Part-Dieu à Lyon…Je revenais d’un concours, j’apprendrai quelques jours plus tard que le poste était pour moi^^

Le titre, avant tout, m’a interpellé. On ne me glisse pas devant les yeux les lettres I.N.D.E sans en subir les conséquences. L’Inde, pays tant aimé et détesté à la fois….L’Inde, par ses multiples contrastes et contradictions se retrouvait une fois encore entre mes mains. Piètre coïncidence, vous l’admettrez, aujourd’hui on vend l’Inde à toute les sauces et à tous les étalages… Mais cette histoire là, c’est l’histoire d’une route des Indes longtemps espérée, longtemps suivie, et un but atteint à l’opposé de celui attendu, mais ô combien grandiose ! Grandiose pour ses frontières repoussées, pour le voyage entrepris, pour l’histoire d’une vie (ou de plusieurs vies), pour le Nouveau Monde…. Grandiose aussi par les horreurs qui allaient en découler…

L’entreprise des Indes fait partie des ces livres qui nous dévoilent la petite histoire dans la Grande. L’histoire du frère cadet de Christophe Colomb, celui qui consacra sa vie à réaliser le rêve fou de son frère : atteindre les Indes par l’ouest. C’est l’histoire d’un homme simple, amoureux des cartes, qu’Erik Orsenna nous rapporte dans un style délicieux qui a largement contribué à me faire oublier qu’on ne parlerait pas de "mon" Inde dans ce livre là. Il nous embarque dans la vie quotidienne d’un port portugais du XVème siècle avec, en arrière-plan, l’Inquisition, les premiers pas de l’écriture, la traque des juifs, les passages éclairs de son frère Christophe, les femmes, la mer…

Le jeune cartographe, Bartolomé, vit dans l’attente des retours des marins qui, régulièrement, viennent lui parler des limites de ce monde qu’il dessine ensuite sur la toile… Il ne sait pas encore qu’un jour il deviendra gouverneur de l’île d’Hispaniola.

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La pensée chinoise – Marcel Granet

Source : Albin-michel.fr

La pensée chinoise - Marcel Granet

On déniche parfois quelques trésors parmi les ouvrages recalés à l’examen d’entrée des bibliothèques, et abandonnés dans un bac "Servez-vous". La pensée chinoise de Marcel Granet en fait partie. Daté de 1934, il n’en reste pas moins un classique de la sinologie à en croire le préfacier Léon Vandermeersh. Pour ma part, j’y accorde toute ma confiance de néophyte en la matière. Je regrette simplement les exposés pointilleux et universitaires qui n’en finissent pas… Probablement nécessaires au sinologue, ils me sont tout bonnement inaccessibles. Je m’y accroche tout de même :  intriguée par les notions de Yin et de Yang présentées sous l’angle scientifique et rassurant de l’anthropologie ; passionnée par l’application pratique et concrète des notions de Yin et de Yang que j’imaginais jusqu’alors strictement  philosophiques et spirituelles.

Je lutte pour rester accrochée au discours de l’auteur, ne serait-ce que pour en savoir un peu plus sur ce classique de la philosophie chinoise, fascinant et mystérieux, qu’est pour moi le Yi King. Rare trace écrite de la Chine ancienne parvenue jusqu’à nous,  le Yi King reste une référence pour les historiens et autres sinologues, un témoignage incontournable de la pensée chinoise ancienne, que Marcel Granet ne manque pas de citer pour appuyer ses propos.

Je menace toutefois à chaque paragraphe d’abandonner le livre, momentanément au moins, le temps de trouver l’équivalent de "La Pensée chinoise pour les Nuls"….

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